Perfectionnisme et burn-out chez les étudiants HPI
Une étude parue en 2025 analyse la relation entre perfectionnisme et burn-out chez des étudiants à haut potentiel intellectuel.
Le perfectionnisme est un trait psychologique souvent observé chez les personnes HPI. Il peut soutenir la performance et l’implication dans la réussite, mais également devenir un facteur de vulnérabilité psychologique lorsqu’il prend une forme d’autocritique.
Deux types de perfectionnisme sont relevés :
- Le perfectionnisme combattant renvoie à la tendance à se fixer des objectifs de réussite scolaire de haut niveau et à poursuivre l’excellence, favorisée par un fort investissement et un sentiment d’efficacité personnelle.
- Le perfectionnisme soucieux renvoie à la peur de l’échec, à la crainte du jugement d’autrui et au sentiment de ne jamais être à la hauteur de ses propres aspirations. Ce type de perfectionnisme est associée à l’anxiété, voire à la dépression ou encore à la détresse psychologique.
De nombreuses personnes à haut potentiel présentent une combinaison de ces deux types : un haut niveau d’exigence de réussite et une autocritique sévère, ce qui peut entrainer un conflit interne entre motivation et souffrance.
Le burn-out survient lorsque les exigences perçues dans le cadre scolaire dépassent les ressources disponibles des personnes HPI.
Les exigences peuvent être une charge de travail trop forte, de grandes pressions externes de performance ou encore des attentes personnelles ou exigences internes très élevées.
Les ressources concernent le soutien social, les stratégies d’adaptation et l’auto-efficacité.
Lorsque ces ressources sont insuffisantes, les étudiants peuvent développer deux types de burn-out :
- Un épuisement émotionnel, lié à une surcharge prolongée dans le temps.
- Un désengagement, caractérisé par une perte d’intérêt ou une attitude distante vis-à-vis de leurs études.
L’étude relève que les étudiants en réussite présentent des niveaux de perfectionnisme plus élevés que les étudiants avec des résultats moyens.
Parmi ces étudiants performants, des différences apparaissent :
- Les étudiants en grandes écoles, à très haut niveau académique, présentent le plus fort taux de perfectionnisme, en comparaison avec les étudiants performants à l’université.
- Ces étudiants, grandement auto-exigeants, présentent également les niveaux de burn-out les plus élevés.
Ainsi, les étudiants dont le type de perfectionnisme (combattant) semble sain peuvent connaître un épuisement plus important lorsqu’ils maintiennent un niveau d’effort très élevé dans le temps.
Leur forte motivation interne peut alors devenir un facteur de risque lorsque leurs ressources psychologiques ne compensent plus les exigences.
En outre, certains étudiants très performants s’orientent vers des grandes écoles paradoxalement par peur de l’échec ou pour combler un besoin de validation identitaire. L’identité personnelle est alors très étroitement liée à la performance et la réussite académique devient un élément central de l’estime de soi. Un éventuel échec pour ces étudiants HPI, dont l’aspiration à la réussite est de haut niveau, peut représenter une menace pour l’identité personnelle.
L’étude préconise pour ces profils HPI de :
- Travailler la différence entre excellence et perfection,
- Renforcer une identité personnelle indépendante de la performance,
· S’autoriser à un rapport plus souple à l’excellence et à la réussite,
- Encourager la flexibilité cognitive et la révision d’idéaux irréalistes,
- Réguler ses émotions.
Ces préconisations visent à réduire l’impact des préoccupations perfectionnistes tout en conservant la motivation et l’engagement intellectuel.
Références : Faiman, H. B., & Strouse, G. A. (2025). Perfectionism and Academic Burnout in High-Achieving Undergraduate Students. Gifted Child Quarterly, 69(3), 269-284.